Gérard Gyomard

Biographie

Le peintre Gérard Guyomard est né à Paris en 1936. L’artiste, autodidacte, a d’abord « pratiqué les beaux arts sur le tas » au contact de restaurateurs de peinture, y acquérant une grande virtuosité technique. Durant les années 60, il ne cessera jamais d’approfondir une démarche personnelle dont l’impertinence s’exerce vis à vis des orthodoxies esthétiques. Ainsi le peintre commence à produire en 1964 et crée progressivement son vocabulaire d’images inspirées de la vie quotidienne, des fantasmes érotiques… La superposition d’objets, de scènes de toutes tailles, entremêlées, lui permettent de restituer la sensation d’une troisième dimension.
S’inscrivant sur la scène artistique française comme un artiste majeur de la figuration, Gérard Guyomard navigue, au fil des années, de ses séries, de ses expérimentations, ou de ses sujets, entre Figuration narrative, mouvement auquel il est habituellement rattaché, et Figuration libre. Ensuite l’artiste participera, en 1977,  à la seconde exposition fondatrice de la Figuration narrative (Mythologies quotidiennes 2 au Musée National d’Art Moderne de Paris).
Acteur indépendant et singulier, le langage pictural de cet artiste jovialement subversif est fait d’entrelacs d’une peinture insolemment colorée. Cet autodidacte éclairé sera le compagnon de route d’artistes comme Peter KlasenBernard Rancillac ou Hervé Télémaque, également amis avec Roland Topor, Olivier O. Olivier ou encore Christian Zeimert du groupe Panic, avant même de se rapprocher de l’Oulipo. Sa pratique n’est pas univoque. Il fait de l’ambiguïté une de ses règles essentielles, à tel point qu’il effleure l’abstraction dans les années 70, en trouvant un moyen de lier celle-ci à la figuration, par une superposition systématique des images et des formes.
Par l’universalité de son travail où se déclinent tous les artifices de la séduction, de l’humour et de la perversion, Gérard Guyomard marque son territoire d’une prime de plaisir, où les ajouts improvisés, les superpositions, les transpositions métaphysiques, les graffitis ironiques, les entrelacs pornographiques jouent à dynamiter la forme.
L’artiste continue sans relâche à croquer des scènes qui lui sont inspirées par les coupures de presse, les magazines sportifs, les revues de cinéma, les photos de charme, ou des créatures de rêve.